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22 juin 2009
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Les Régions du Zimbabwe et du Sénégal s’adressent à la CRPM

CRPM/CPMRDans le cadre de la «Plateforme Européenne des Autorités Régionales et Locales pour le Développement », un séminaire « Régions et développement: le rôle des Régions dans un nouveau cadre global » s’est tenu le 29 mai dernier à Marseille (France). Cet évènement a permis un échange d’expériences dans le domaine de la gouvernance régionale à l’échelle mondiale. Dans ce contexte, de nombreux représentants se sont exprimés pour les « Régions du Sud » comme les représentants marocains, sénégalais et zimbabwéens afin de mieux cibler et d’améliorer l’efficacité de l’aide.

Charles Katiza du Zimbabwe, Président de la Plateforme des collectivités locales des pays Afrique Caraïbes Pacifique (ACPLGP) est expert en développement régional. Il est également l’ancien Secrétaire général de l’Union Africaine des Autorités Locales. ACPLGP a été créée officiellement en mai 2001 par des maires et des représentants d’associations nationales de collectivités locales. Les membres de la Plateforme sont les collectivités locales des pays ACP. Elle vise à améliorer le rôle des collectivités locales dans la préparation, la mise en œuvre et la révision des programmes et des stratégies de coopérations dans le cadre de l’accord de Cotonou. « Nous souhaitons renforcer le développement et les capacités institutionnelles des associations afin qu’elles puissent donner le soutien approprié à leur membres » a précisé M. Katiza. « Par exemple, dans le domaine de l’approvisionnement, les associations peuvent fournir un soutien technologique ou des pistes afin de les aider à obtenir les produits dont elles ont besoin ou l'équipement nécessaire à la réalisation de leurs projets ».

« Le processus de régionalisation en Afrique varie d’un pays à l’autre: par exemple au Zimbabwe, l’échelon local n’a pas de pouvoir exécutif mais il a une fonction de coordination dans le domaine du développement. En revanche, les Régions ont beaucoup plus de pouvoir en Afrique du Sud. Toutefois, lorsque les Régions ont moins de pouvoir, ce sont les associations régionales qui jouent un rôle important. Ces associations savent que l'UE est intéressée à développer des partenariats avec les municipalités et les autorités locales ou régionales. Elles ont donc coordonné ces partenariats afin de faciliter la mise en place de projets ou de mieux coordonner les différents niveaux de gouvernance ».

« Aujourd’hui, le développement est immédiat » a également déclaré Charles Katiza, « et l’UE, comme un grand organisme donateur, est parfois un peu trop lent : les procédures administratives sont lourdes et la bureaucratie ralentit tout le processus de l’aide. Personnellement, je pense que l’UE devrait considérer nos autorités locales de la même manière qu’elles sont considérées en Europe. Je sais que le niveau de développement est très différent, mais les procédures administratives pourraient être similaires ».

Coumba Ndoffène Bouna Diouf, Président du Conseil Régional de Fatick au Sénégal, est aussi intervenu sur les procédures et les méthodes afin d’améliorer les relations de travail entre les Régions du Nord et les Régions du Sud. « Compte tenu de l’importance qu’elles doivent et peuvent jouer, les organisations régionales ont senti la nécessité de se regrouper par échelon » a déclaré M. Diouf. « C’est ainsi qu’est née la CRPM en Europe ou la Plateforme constituée autour de l’UEMOA en Afrique que nous avons beaucoup encouragé. Ces organisations peuvent être actives au niveau local pour éviter la dispersion des aides par exemple, mais elles peuvent aussi être efficaces pour des combats plus globaux, comme la lutte contre la pauvreté ou le réchauffement climatique. Tous ces combats doivent être mieux harmonisés pour éviter que chacun de nous reste seul face à des défis planétaires. » C’est pour cette raison que la coopération entre les Régions du Nord et du Sud doit être prioritaire selon M. Diouf : « La Région de Fatick collabore beaucoup avec la région Poitou-Charentes en France et la Catalogne en Espagne notamment sur les thématiques relatives au changement climatique. Nous collaborons aussi avec la ville de Pistoia en Italie dans le domaine de l’agriculture ».

Enfin, la crise économique préoccupe énormément les élus du Sud car ils craignent une diminution des aides des Pays du Nord. « Les aides vont sans doute diminuer et, à l’heure actuelle, nos moyens internes ne sont pas suffisants pour faire fonctionner nos États. Le défi est alors de trouver une réponse à cette diminution de l’aide et je pense que la réponse se trouve dans une réflexion commune entre les pays du Nord et les pays du Sud. » a conclu le Président du Conseil Régional de Fatick.

 
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