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25 janvier 2010
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QUE RETENIR DE COPENHAGUE ?

© Sergey Tokarev - Fotolia.comUne fois l’agitation passée, les frustrations dépassées et la colère rentrée que reste-t-il de Copenhague? Aux yeux de l’opinion publique mondiale au mieux un échec, au pire un gâchis, dans tous les cas une occasion manquée. Mais aux yeux des collectivités, et en particulier des Régions, que penser de ces deux semaines de Sommet ?

De manière délibérée la CRPM préfère voir les motifs de satisfaction même si chacun est bien conscient des limites de l’accord obtenu. Jamais comme pour Copenhague une telle mobilisation ne s’était organisée entre les Régions du monde. Depuis Bali en 2007 et surtout après Poznan en 2008, la prise de conscience collective s’est approfondie au point de pouvoir constituer une plateforme commune entre les gouvernements fédérés et les régions venant des cinq continents.

Voir les Régions du monde être en mesure de parler d’une même voix constitue donc un premier motif de satisfaction. Nous le devons pour l’essentiel aux efforts conjoints de deux réseaux majeurs : le « Climate group » et « nrg4SD » (Network of Regional Governments for Sustainable Development) au sein duquel la CRPM joue un rôle actif (1).

C’est grâce à cet effort que plus de 60 leaders régionaux dont Claudio Martini, président de la CRPM et de la Région Toscane, Jane Davidson, ministre galloise de l’environnement et co-présidente de nrg4SD et Jean Yves Le Drian, président de la Région Bretagne, responsable du point focal « Europe » de nrg4SD ont pu débattre et adopter à Copenhague une déclaration commune à l’attention des Parties à la COP 15.

Cette Déclaration, portée par Jean Charest, premier ministre du Québec et Mike Rann, premier ministre de la province de l'Australie du Sud, - co-président du Sommet des leaders régionaux sur le climat organisé par le « Climate Group » - , contient les engagements additionnels des Régions en faveur de la lutte contre le changement climatique. Parmi les mesures adoptées, citons celle qui consiste à planter un milliard d’arbres d’ici à 2015 ainsi que celle visant à décarboner le secteur automobile d’ici 2020.

Les Régions disposent donc aujourd’hui au plan mondial d’une plateforme commune de dialogue qui leur permet de coordonner leurs politiques et leurs actions, elles ont défini le message qu’elles souhaitent porter ensemble et elles ont une « feuille de route » des actions concrètes à mener à court et moyen terme en matière de politique de lutte contre le changement climatique. Cela n’est pas rien et ne serait-ce que pour ça, nous sommes en droit d’estimer que Copenhague a été un révélateur positif de la détermination des Régions en matière de climat.

Le deuxième motif de satisfaction provient de la large prise de conscience des leaders régionaux quand à la nécessité de s’impliquer davantage dans des actions de développement coordonnées, axées sur l’approche territoriale et visant à renforcer les capacités d’actions des régions du sud. A cet égard Copenhague, dans la foulée du Sommet de Saint-Malo de 2008, a permis de valider et de développer ce type de partenariats entre régions du nord et régions du sud. Copenhague a aussi servi d’initiateur à plusieurs initiatives des régions dont celles visant les actions en faveur des forêts. Notons aussi que la CRPM est partie prenante d'un projet Nord-Sud, coordonné par la Bretagne et associant 6 Régions de pays du Sud (Vietnam, Indonésie, Madagascar, Mexique, Nicaragua, Uruguay) proposé à la Commission européenne en décembre et visant à permettre le transfert de savoir faire et de technologies vertes innovantes.

Enfin il faut souligner la détermination des Régions d’agir en matière de climat et ce quel que soit la forme et le contenu des accords pris au niveau international. Cette détermination résulte notamment de la position de l’UE qui a constamment poussé la communauté internationale à davantage d’ambition et de décisions concrètes. Cette position européenne devrait maintenant être encore plus ambitieuse afin de reprendre le « leadership » en matière de climat puisque, à l’évidence, elle n’a pas été suffisante pour influencer les négociations à Copenhague. De nombreuses études économiques montent qu’un objectif de réduction de 30% des émissions de GES apporterait un énorme bénéfice à l’UE en terme d’innovation vers un nouveau modèle économique. Cela serait un vrai motif de satisfaction pour chacune des composantes de l’Union, à commencer par les Régions.

Aussi serait-il juste et nécessaire que les liens déjà existant entre l’Union et ses Régions se resserrent de manière significative sur des sujets aussi importants pour notre avenir à tous. On voit mal comment deux déterminations sur un sujet commun ne pourraient pas s’épauler et se soutenir mutuellement. La CRPM y est prête.

francois.desrentes@crpm.org

(1) L’action internationale de la CRPM dans le domaine du climat passe par le réseau nrg4SD.

Lire la déclaration commune, 15 décembre 2009, Copenhague (en anglais)
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