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Danuta Hübner, ancienne Commissaire en charge de la politique régionale, préside la Commission REGI (développement régional) au Parlement européen. Madame Hübner en appelle à une politique de cohésion pour tous les territoires d'Europe et croit que l'implication des Régions dans les discussions de l'Union européenne sur l’avenir de la politique de cohésion permettra de rapprocher l’Europe de ses citoyens. Danuta Hübner a présidé l’audition de M. Johannes Hahn, Commissaire désigné chargé de la politique régionale. Elle attend énormément de son successeur autrichien.
Enrico Mayrhofer : Qu’attendez-vous du nouveau Commissaire en charge de la politique régionale ?
Danuta Hübner : Mes attentes pour la politique régionale européenne pour les années à venir sont très élevées. Elle doit en effet jouer un rôle pour nous aider à sortir de la crise, à construire une compétitivité et une capacité à long terme, et également à générer des emplois. Il s’agit de défis pour l’Union européenne qui faciliteront notre communication avec les citoyens. À mon avis, cette politique est faite sur mesure pour ces défis, car elle implique directement les peuples dans les projets européens. J’espère donc voir un nouveau Commissaire fortement engagé dans ses tâches et également capable de développer plus encore la réforme de la politique de cohésion. Nous avons en effet entamé une réforme majeure en 2006. Mais les défis sont toujours nombreux. Le chemin à parcourir pour tirer parti du développement potentiel de l’Europe est encore long. Je crois que seul un commissaire fort sera capable d'utiliser pleinement ce potentiel qu'une telle politique représente.
EM : Êtes-vous en faveur d’une politique de cohésion pour tous les territoires d’Europe, et non nationalisée comme le demande la CRPM ?
DH : Je suis très favorable à une politique pour tous.
Je l’ai toujours été ! Je me souviens de ma première bataille pour maintenir l’Objectif 2, dans le cadre du débat budgétaire en 2005-2006. Je crois que plus personne ne doute aujourd'hui qu'il faut impliquer toutes les régions d'Europe dans la poursuite des objectifs européens. Et je suis certaine que la Commission prendra la décision au moment de définir l'Agenda de la politique de l’après-2013 et décidera également de l’architecture de la nouvelle politique régionale.
EM : Quel est votre point de vue de la stratégie «EU2020 » ?
DH : Aujourd'hui, en Europe,nous connaissons l'importance du « comment faire » et pas seulement du « que faire ». Nous avons déjà identifié nos défis principaux il y a longtemps. Nous savons très bien ce que l’Europe devrait faire. Le défi, toutefois, c'est comment le faire. En mon sens, la gouvernance de nos politiques est essentielle. C’est précisément le point faible de l’Agenda « EU2020 ». L’Agenda « EU2020 » a correctement identifié les objectifs. Mais il n’explique pas correctement comment les atteindre ! Cet agenda semble également ne pas comprendre que pour être efficaces et parvenir à atteindre nos objectifs ambitieux, nous devons impliquer tous les niveaux de gouvernance, toutes les parties prenantes et tous les partenaires. Nous avons déjà testé cette méthode. Elle est appuyée par le Traité. Je pense par conséquent que nous devrions considérer cette gouvernance multi-niveaux comme la voie à suivre pour aller vers l’Europe de 2020 !
EM : Comment envisagez-vous d’impliquer les Régions dans le travail de la Commission développement régional du Parlement européen que vous présidez ?
DH : Par le passé malheureusement, le Parlement européen n'a généralement pas impliqué les partenaires provenant de l'économie réelle ou des autorités locales ou régionales. C’est en revanche l’un de mes objectifs pour ce semestre. Nous essaierons par exemple de travailler avec la Comité des régions qui est également un partenaire institutionnel, et dont les membres sont élus directement au niveau local et régional. Nous organiserons également des auditions lors desquelles les représentants d'associations pourront prendre part à notre travail. Mais je planifie également d’impliquer les régions et les villes directement par le biais de leurs présidents ou maires. De plus, je pense que nous devrions développer des groupes de travail informels plus souvent, en coopérant avec les Régions et les représentants des Régions, sur de nombreux thèmes. Par exemple, je suppose que dans les années à venir, dans le contexte de la future politique de 2013 et de l’agenda « EU2020 » et de sa mise en œuvre, les membres de la commission REGI et les représentants des Régions européennes pourraient échanger entre eux et apprendre les uns des autres.
enrico.mayrhofer@crpm.org